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DE LA VILLE DE PARIS.
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rer en mon service ou bien aller faire la guerre à l'Empereur en ses pays patrimoniaulx ; mon cousin le duc d'Aumalle '*' se alla loger auprès de luy avec quelque nombre de ma cavallerye légère, à fin que, en atendant la derniere resolution qui se pretendoit sur led. affaire, il favorisast mes pays etempeschast que les gens dudict Marquis ne courussent et pil­lassent mes subjectz, ne aussy ceulx de mon petit filz, le duc de Lorraine t'2', que j'ay en la mesme protection que les miens propres.
t: Ce pendant se continuoit tousjours le susd, pro­pos et pratique encommencez entre luy et mesd. ministres, sans que mond. Cousin ne luy entrepris­sent aucune force ny hostilité l'un contre l'autre ; le tenant mondict Cousin n'i eslre entierement amy, pour le moings non comme ennemy'3'.
Mess"d'Aumalle et de Rohan, prisonniers'4'. "Touteffoys ledict Marquis se voyant prochain du lieu dont il pouvoit aisément faire sa retraitte, et ainsy qué mond. Cousin estoit sur son partement pour s'en revenir à Toul, où il avoit faict demeurer une partie de ses forces, l'est venu charger auprès de Sainct Nicolas '5', et l'a prins prisonnier avec mon cousin le sr de Rohan 'fi' et quelque nombre de ma cavallerye qu'il avoit avec luy. Les autres se sont
avec luy, il ne fut tumbé en tel inconvenient, duquel j'ay bien voullu vous donner avis; et vous prie, mon Cousin, que vous le faictes entendre aux gens de ma Court de Parlement et aux Prevost des Marchans et Eschevins de ma ville de.Paris, à fin qu'ilz sachent la verité comme ceste perte est pas­sée, laquelle je pense bien que beaucoup de gens vouldront faire plus grande qu'elle n'est, Dieu mercy.
"Mon Cousin, ainsy que je vous faisoye ceste des­pesche , j'ai receu la vostre dujour d'hier '8', et trouvé fort bon l'ordre que vous avez donnée pour faire arrester à Rouen et à Amyens les marchans flamens qui se sont retirez '-', dont j'avoye ja adverty mon cousin le duc de Vendosmois'10', duquel j'attends d'heure à autre des nouvelles, n'en ayant poinct eu depuis qu'il me manda'11' que les ennemys bapti-rent merveilleusement fort mon chasteau de Hesdin, lequel je tiens pourveu de si bon nombre de gens de bien que je n'espère sinon honte et dommaige'12' pour mes ennemys de telle entreprise.
"Priant Dieu, mon Cousin, qu'il vous ayt en sa saincte garde.
"Escript à Reins, le vi0 jour de Novembre vc lu. n Signé : HENRY.
Bourdin.
Et au dessus :
A mon Cousin le Cardinal de Bourbon.
retirez aud. Toul, où ilz ont trouvé le sr de Bourdil­lon'7' avec une bonne et grosse trouppedema caval­lerye, deliberé de s'aller joindre avec mondict Cou-                Lettres de Monseigneur le Connestadle sin, s'il ne l'eust contremandé pour demeurer audict                   À mons, le cardinal de Bourbon'13'. Thoul et escript qu'il y seroit de retour le jour                             (a foi. 19 v°; B fol. 45 v°.) mesmes que les autres y sont arryvez, estant bien as-                                                               6 novembre, seuréque si ledicts' de Bourdillon eust esté joinct "Monsr, je suis merry que l'occasion de ceste
(" Claude II de Lorraine, duc d'Aumale (i5a6-i573), grand-veneur, gouverneur de Bourgogne, frère du duc de Guise, sous la conduite duquel il se signala au siège de Melz où il fut fait prisonnier ; sa captivité se prolongea quelques mois.
P) "Mon petit filz, le duc de Lorraine-. Il s'agit du duc Charles, dît le Grand (i543-i6o8). Lors de son expédition dans les Trois-Évéchés, Henri II, après avoir dépouillé de la régence de Lorraine Christine de Danemark, nièce de Charles-Quint et veuve du duc François, fit prêter serment au jeune duc Charles et l'emmena à sa cour, d'où il ne revint en ses Etats qu'en t559, après la mort du Roi dont il avait épousé la fille Claude.
W Leçon de B : ls tenant mond, cousin se ce n'estoit pour entierement amy, pour le moins non comme ennemy.
(*) Rubrique empruntée au Registre A.
<5' Saint-Nicolas-de-Port, près de Nancy. L'engagement de cavalerie eut lieu le 28 octobre.
(«) René Ie' de Rohan, de la branche des Rohan-Gyé; fait prisonnier en cette rencontre, il mourut des suites de ses blessures.
O Imbert de Ia Platière, seigneur de Bourdillon, chevalier de l'Ordre, lieutenant-général de Champagne, créé maréchal de camp en 1552, maréchal de France en 1562.
'") Ces lettres du cardinal de Bourbon n'ont pas été transcrites en nos Registres.
'°) A ce sujet, voir les articles ci-dessus LXXVI â LXXX.
(-°) Antoine de Bourbon (i5i8-i562), duc de Vendôme, gouverneur de Picardie; roi de Navarre (i555).
<") Au Registre B : depuis le                                  qu'il me manda. La date, non indiquée dans A et restée en blanc dans B, est
antérieure au 5 novembre, jour de la reddition de Hesdin; voir la note 2 de la page 57 et Ia fin de l'art. XCIV.
- <--> Il y a un nouveau blanc en cet endroit du Registre B, où ce passage est ainsi conçu : .. .je n'espère que                      pour et
honte et dommaige pour mes ennemys.
(13> Le Registre A donne seulement à la rubrique : Lettres de Monseigneur le Connestable.